Politique

L’UDC Gros-de-Vaud fête le 24 janvier à Vufflens-la-Ville

Vincent Rey Vincent Rey 6 min de lecture Vufflens-la-Ville
L’UDC Gros-de-Vaud fête le 24 janvier à Vufflens-la-Ville

Quand l’indépendance se commémore, le papet s’impose… et le fair-play s'applaudit

Samedi, à Vufflens-la-Ville, on ne célébrait pas un anniversaire comme les autres. Ici, pas de bougies ni de gâteau au chocolat, mais une date importante, gravée dans la mémoire collective vaudoise : le 24 janvier, symbole de l’indépendance du canton de Vaud.

À l’initiative de la section UDC Gros-de-Vaud, la commémoration a réuni militants, élus, invités et sympathisants dans une ambiance à la fois sérieuse sur le fond, détendue sur la forme… et franchement chaleureuse dans les assiettes. Car s’il y a bien une chose sur laquelle le canton est unanime, c’est le papet vaudois et le Chasselas. Une valeur sûre. Presque constitutionnelle.

Une ouverture au bruit des mousquets et au parfum d’histoire

La journée n’a pas débuté dans le silence feutré des discours, mais dans un claquement sec et solennel : celui des mousquets.
Comme le veut la tradition, une démonstration des Milices vaudoises a ouvert la commémoration, rappelant de manière aussi visuelle que sonore ce que signifie réellement le mot indépendance.

Uniformes d’époque, gestes précis, discipline millimétrée : le décor était posé. Une entrée en matière symbolique, presque théâtrale, qui a immédiatement replongé l’assemblée dans le contexte historique. Ici, on ne célèbre pas une idée abstraite, mais une conquête politique et identitaire, héritée de générations qui n’avaient ni micros ni pupitres… mais une détermination bien chargée.

Une boussole historique solidement ancrée dans le présent

Commémorer le 24 janvier, ce n’est pas seulement regarder dans le rétroviseur. C’est aussi, et surtout, interroger le présent à la lumière du passé. Et cette année, le parallèle était clair, assumé et largement partagé dans les discours :

- 1798, l’indépendance vaudoise
- 2026, les discussions autour des nouveaux accords entre la Suisse et l’Union européenne

Deux époques, deux contextes, mais une même question de fond : qui décide pour qui, et jusqu’où ?
Sans grands effets de manche ni posture dramatique, les orateurs ont insisté sur la souveraineté, l’autonomie politique et le respect des institutions. Une approche plus pédagogique que tapageuse, plus historique qu’hystérique. Bref, une indépendance expliquée… pas criée.

Un maître de cérémonie qui connaît la partition

Sous la houlette du maître de cérémonie, le député du district et chef de campagne de Jean-François Thuillard, Stéphane Jordan, la journée s’est déroulée avec rythme et fluidité.
Ni trop longue, ni trop courte. Juste ce qu’il faut pour laisser passer les messages… sans laisser refroidir le papet.

Les salutations officielles : quand le local rencontre le national

La présidente de la section UDC Gros-de-Vaud, Jessica Witizg, a ouvert la séquence des prises de parole en transmettant les salutations du comité. Un message clair : la section est active, mobilisée et fière de faire vivre la tradition du 24 janvier à l’échelle régionale.

Le Conseil national était représenté par Michael Buffat, venu apporter les salutations du Parlement fédéral et rappeler l’importance du lien entre sections cantonales et politique nationale. Une Suisse qui continue de fonctionner par racines locales, même lorsque les décisions se prennent plus haut.

Un président suisse… entre Näfels et Vufflens

Moment fort de la journée : la présence de Marcel Dettling, président de l’UDC Suisse et conseiller national.
Un déplacement loin d’être anodin : quelques heures plus tôt, le parti tenait son congrès national à Näfels (GL). Autant dire que l’agenda était serré et le timing précis.

Un signal clair envoyé à la base : le Gros-de-Vaud compte, même avec la route chargée et un congrès national.

Institutions, économie et commune réunies

La commémoration a également rassemblé plusieurs figures du paysage politique et institutionnel vaudois :

Kevin Grangier, président de l’Alliance vaudoise

Pascal Desauges, préfet du district

Michel Ducommun, président de la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE), venu souligner l’importance d’un tissu économique fort, enraciné localement et étroitement lié aux décisions politiques

Olivier Duperrut, syndic de Vufflens-la-Ville, qui a transmis les salutations officielles de la commune

Une présence plurielle qui illustre une réalité souvent revendiquée par l’UDC vaudoise : la politique ne se fait pas hors-sol, mais au contact direct des communes, des entrepreneurs et des réalités du terrain.

Jean-François Thuillard, chez lui, tout simplement

Impossible de parler de cette journée sans évoquer Jean‑François Thuillard.
Candidat au Conseil d’État et enfant de la région, il n’a pas manqué d’être présent parmi les siens, malgré un agenda de campagne bien rempli.

Ici, pas d’effet “star”, pas de distance calculée. Jean-François Thuillard était chez lui, soutenu par sa section, salué par les participants et clairement perçu comme le représentant naturel d’un terroir politique. Le héros local, sans cape… mais avec un cap bien clair.

Surprise du jour : unité, respect… et une certaine idée de la politique

C’est peut-être là l’un des signaux les plus forts de cette commémoration :
 personne n’a été désigné comme adversaire à abattre.

Ni la gauche, ni les partis concurrents, ni les figures habituelles des joutes électorales n’ont servi de cible facile. À l’approche du scrutin du 8 mars, le ton est resté volontairement posé et rassembleur. Les orateurs ont préféré mettre en avant leurs convictions plutôt que d’attaquer celles des autres.

Ce choix dit beaucoup de l’état d’esprit du parti lors de cette journée : une UDC sûre de ses valeurs, confiante dans son ancrage populaire et suffisamment solide pour ne pas avoir besoin du clash pour exister. Une conception du débat démocratique qui, à quelques semaines d’un vote important, mérite d’être soulignée.

Mémoire, papet, tourtes… et indépendance à feu doux

Au final, cette commémoration du 24 janvier à Vufflens-la-Ville aura rappelé une vérité simple :
la politique vaudoise se joue parfois moins dans les studios télé que dans les salles communales, moins sur les réseaux sociaux que face à face, autour d’une table bien garnie.

Comme à l’accoutumée, la journée a été ponctuée par la traditionnelle mise des tourtes. Un moment toujours sympathique et très apprécié des membres, où les discours laissent place aux sourires, aux échanges et à cette convivialité qui fait aussi la force de la politique de milice.

Ici, pas de slogans jetables ni de clashs calibrés pour les algorithmes. Mais une mémoire assumée, une identité revendiquée et une volonté claire de parler d’indépendance sans hausser le ton. Une indépendance mijotée lentement, comme le papet du jour, qui demande du temps, de la patience… et le respect de la recette.

Le papet était chaud, les mousquets symboliques, les discours mesurés et les tourtes bien mises.
Bref, une commémoration sans poudre aux yeux, mais avec suffisamment de sel pour rappeler que l’indépendance, en terre vaudoise, ne se négocie pas à la légère.