Politique

À Froideville, ça ne gèle pas : salle comble, 8 candidats à la Municipalité et la campagne est lancée

Vincent Rey Vincent Rey 8 min de lecture Froideville
À Froideville, ça ne gèle pas : salle comble, 8 candidats à la Municipalité et la campagne est lancée

Il a fallu changer de salle tant l’affluence était au rendez-vous. À Froideville, la présentation des candidats à la Municipalité a donné le coup d’envoi officiel des élections communales des 8 et 29 mars 2026. Entre rappels du mode de scrutin, profils variés et premières prises de parole, la politique locale s’est invitée au centre du village… sans refroidir l’ambiance.

À Froideville, on porte peut-être un nom qui sent la bise du Jorat… mais côté politique, ça chauffe.
Hier soir, la commune a lancé officiellement sa soirée de présentation des candidats à la Municipalité en vue des élections communales des 8 et 29 mars 2026.

Salle pleine, public attentif, micros ouverts… et ambiance plus vivante qu’un samedi soir à la buvette du foot. Bref : Froideville n’a pas gelé, elle s’est carrément réveillée.
Et pour ceux qui se demandaient si la politique locale pouvait encore attirer du monde… réponse claire : Froideville, for sure.

La démocratie commence… par les chaises

Avant même de parler programme, la soirée a donné le ton : il y avait tellement de monde que l’organisation a dû changer de salle pour accueillir tout le monde dans de bonnes conditions.

Un bel imprévu… mais surtout un signe clair : à Froideville, la politique communale n’attire pas seulement les candidats, elle attire aussi les habitants.

Un remerciement appuyé a d’ailleurs été adressé à celles et ceux qui ont aidé à gérer cette affluence, notamment Monsieur Azdine Bouhedja, salué publiquement pour avoir porté et déplacé une partie des chaises.

À Froideville, la démocratie ne commence pas avec le bulletin…
elle commence avec une salle qu’on agrandit à la dernière minute.

Deux organes, deux tours… et zéro parti politique

Dominique Glur, président du Conseil communal et président de séance, rappelle les règles du jeu (version “cours civique express”) :

le Conseil communal (législatif) : 55 membres + 18 suppléants

la Municipalité (exécutif) : 5 membres

Le tout au système majoritaire à deux tours.

Et Froideville garde sa particularité :
ici, pas de partis politiques, uniquement du bon sens.

Autrement dit : pas de gauche, pas de droite… juste des habitants qui veulent que le village tourne rond. Et si possible, sans nids-de-poule.

Un bulletin qui va faire transpirer les stylos

Le président souligne un détail croustillant : le 8 mars, les citoyens devront élire 55 sièges au Conseil communal… alors qu’il y a 73 candidats en lice.

Résultat : la concurrence sera réelle, et chaque voix comptera pour départager les candidats.

Et si certains pensent encore qu’il suffit de voter “comme tout le monde”, ils risquent d’être surpris : à Froideville, le bulletin pourrait bien devenir aussi stratégique qu’un apéro… où tout le monde veut goûter, mais où la bouteille n’est pas infinie.

Le Syndic Thuillard : “Pour rassembler autant de monde… faut changer le syndic !”

Puis vient Jean-François Thuillard, syndic de Froideville et candidat au Conseil d’État. Détendu, il attaque avec une phrase qui a déclenché les sourires :

« On voit ce qu’il faut faire à Froideville pour regrouper autant de monde… il faut changer le syndic ! »

L’humour est lancé, mais le message est sérieux : devenir municipal, c’est du courage, du temps et surtout une capacité à travailler en collégialité.

Il rappelle aussi une réalité concrète : le mandat représente environ 40% d’un temps de travail.

En clair : municipal, ce n’est pas “deux séances et trois selfies”. C’est presque une deuxième profession… avec un salaire qui, lui, ne gonfle pas comme un verre au Carnaval.

Huit candidats annoncés… mais une chaise est restée vide

Au total, huit candidats sont en lice pour décrocher l’un des cinq sièges à la Municipalité.

À noter toutefois : Nathalie Cachelin, candidate annoncée, n’a pas pris la parole lors de la soirée, n’étant pas présente.

Dans une commune où tout le monde se connaît, ce genre de détail ne passe pas inaperçu. Ici, même les absences ont une identité communale.

Des profils solides : du juridique au chauffage, en passant par les finances

Ensuite, place aux présentations. Et il faut le dire : Froideville ne manque pas de profils.
On avait du droit, des finances, de l’ingénierie, de l’entrepreneuriat, de la recherche médicale, de la police judiciaire… bref, un exécutif potentiel plus complet qu’un couteau suisse.

Azdine Bouhedja (municipal sortant)

Ancien officier de police judiciaire, habitué aux situations de crise et aux dossiers lourds. Il insiste sur la vérité, l’équité de traitement et la nécessité de renforcer les infrastructures.

Et surtout, il rappelle une chose que certains oublient trop vite :

« Les élus ne sont pas des machines, ce sont des êtres humains. »

Une phrase qui a résonné dans la salle comme un rappel au calme… avant que les commentaires Facebook ne se réchauffent.

Philippe Heller (municipal sortant)

Ingénieur civil spécialisé en hydraulique, il met l’accent sur les infrastructures, l’énergie et l’eau.

Il annonce notamment que Froideville produit environ 40% de l’électricité qu’elle consomme, et réduit progressivement son achat d’eau externe.

Bref : si la commune devait se débrouiller seule, elle aurait déjà une longueur d’avance… et pas seulement sur les routes.

Thierry Etienne (candidat)

Entrepreneur dans le chauffage/ventilation/climatisation et actif dans la vie associative, il propose un profil pragmatique, attentif à la sécurité des bâtiments et à la rigueur financière.

Et comme il vient aussi du théâtre local : si l’exécutif ne l’accueille pas, Froideville le reverra peut-être sur scène.
La politique est sérieuse… mais ici, on garde le sens du spectacle.

Jeremy Chassot (candidat)

Avocat, conseiller communal depuis 5 ans, il insiste sur la jeunesse, les aînés, la mobilité et le développement du centre du village.

Il conclut avec un enthousiasme digne d’un match à la buvette :

« Vive les Cacatchoux ! Vive Froideville ! »

Une fin de discours qui a presque senti le Chasselas… et la fierté locale.

Jennifer Giddey (candidate)

Responsable financière et chargée de cours en comptabilité, elle met en avant ses compétences financières, son écoute et son énergie.

Sa vision : une commune soudée, un sentiment d’appartenance renforcé, et surtout un vrai centre de village.

Car Froideville a la patinoire pour l’hiver… mais pour le reste de l’année, le “centre” se cherche encore. Et visiblement, elle veut l’installer.

Sabine Rütti Roch (candidate)

Biologiste de formation, ancienne chercheuse, passée par la direction d’école et aujourd’hui active en communication stratégique et relations institutionnelles, elle propose une vision moderne et structurée.

Son fil rouge : transparence, rigueur, participation citoyenne et développement harmonieux.

Un profil “science & méthode” dans une commune où parfois, on prend des décisions à l’instinct, au bon sens… ou à la météo.

Adrien Waelti (candidat)

Conseiller communal, entrepreneur, formé HEC, il adopte un ton plus personnel :

« Ici, nous avons trouvé une communauté. »

Il parle de sécurité routière, de qualité de vie, de finances maîtrisées et d’écoute citoyenne, mentionnant un sondage réalisé dans le village.

Une candidature qui joue la proximité et l’expérience, avec une approche très terrain : à Froideville, on ne fait pas campagne depuis un bureau, on la fait en marchant.

La question qui a refroidi tout le monde (une seconde) : “Où allez-vous trouver le temps ?”

Moment fort de la soirée : un citoyen pose LA question que tout le monde se pose :

« Où allez-vous prendre votre temps ? »

Les réponses fusent : organisation, réduction du taux de travail, sacrifices familiaux, soutien du conjoint.

Et Philippe Heller met un chiffre sur la table : environ 700 heures par an, soit près de 40% d’un plein temps.

Autrement dit : être municipal, ce n’est pas seulement signer des courriers. C’est aussi apprendre à répondre à des mails à 22h, entre deux enfants et trois séances.

Le grand final : “Pour ou contre les éoliennes ?”

Pour finir, un ancien municipal demande aux candidats de répondre “oui ou non” sur un sujet qui fait toujours tourner le vent :

« Êtes-vous pour ou contre les éoliennes ? »

Résultat : tout le monde répond non.

À Froideville, on aime le vent…
mais uniquement quand il passe dans les sapins, pas quand il s’installe en haut d’un pylône de 200 mètres.

Conclusion : apéro, discussions… et la vraie politique commence

La soirée s’est terminée comme il se doit : autour d’un apéritif.
Et dans le Gros-de-Vaud, c’est souvent là que les choses se disent vraiment.

Car ici, on peut débattre en salle…
mais on conclut parfois autour d’un verre de blanc, avec un « bon, on verra bien » qui vaut tous les discours.

Premier tour : 8 mars 2026
Deuxième tour : 29 mars 2026

Une chose est sûre :
même si Froideville porte bien son nom, cette campagne risque d’être tout sauf froide.