Culture

Magali Meylan, une plume du Gros-de-Vaud qui plonge Villeneuve dans le mystère

Vincent Rey Vincent Rey 4 min de lecture Gros-de-Vaud
Magali Meylan, une plume du Gros-de-Vaud qui plonge Villeneuve dans le mystère

À 38 ans, l’autrice vaudoise Magali Meylan signe La nuit viendra, un polar ancré sur les rives du Léman. Entre drame familial, enquête policière et secrets enfouis, son roman nous emmène de Villeneuve aux méandres d’un passé qui refuse de disparaître.

Dans le Gros-de-Vaud, on connaît les villages, les sociétés locales et l’esprit de région… mais désormais, on pourrait aussi parler de polar vaudois. La nuit viendra est un roman qui mêle mystère, mémoire et secrets de famille sur les rives du Léman.

Artiste dans l’âme, Magali Meylan est une femme passionnée par l’humain et les émotions. Son imagination débordante s’exprime autant dans l’écriture que dans le théâtre, où elle réalise également la mise en scène. Chez elle, raconter des histoires semble presque naturel.

Une histoire née presque par hasard

L’idée de La nuit viendra n’est pas née derrière un bureau… mais sur un transat au bord de la Méditerranée.

Alors qu’elle profite de ses vacances, une image très précise surgit dans son esprit : l’appartement d’une vieille dame. Un lieu inspiré d’un appartement réel qu’elle avait connu.

Peu à peu, les images se mettent à défiler dans sa tête.

« Tout d’un coup, je vois cette dame déambuler dans son appartement… puis je me dis : elle va tomber dans les escaliers. Et là, je me dis : mais est-ce qu’il y avait quelqu’un ? Ou pas ? Et ça devient une enquête… »

Magali commence alors à noter ses idées sur son téléphone. Sans vraiment l’avoir prévu, l’histoire se construit presque toute seule.

Une écriture instinctive

Pour l’autrice, écrire est avant tout une question d’instinct. Elle explique qu’elle préfère se laisser porter par l’histoire plutôt que de tout planifier.

« Ce que je préfère quand j’écris, c’est quand je ne dois pas réfléchir. L’histoire me vient, et parfois moi-même je suis surprise par ce qui arrive aux personnages. »

Si le dénouement final lui est venu assez tôt, le reste de l’intrigue s’est construit progressivement, au fil de l’imagination.

Un polar vaudois entre passé et présent

Dans La nuit viendra, l’histoire se déroule sur deux époques.

Tout commence en 1933 à Villeneuve, au bord du Léman, où Concetta et son frère Alfredo, enfants d’immigrés italiens, subissent le harcèlement de leurs camarades d’école. Une situation qui mènera à un drame marquant leur vie.

Plus de 80 ans plus tard, en 2016, le corps d’une vieille dame presque centenaire est retrouvé au bas des escaliers de son domicile. Dans sa main, une mystérieuse note aux accents prophétiques.

Les inspecteurs Natacha Laverrière et Samuel Roth vont alors plonger dans une enquête qui remonte loin dans le passé. Entre secrets de famille, blessures anciennes et liens du sang, l’enquête va peu à peu révéler des vérités enfouies.

Un polar qui pose aussi une question plus profonde :
comment continuer à vivre lorsque le cœur est dévoré par la haine ?

Pour écrire son polar, elle a enquêté pour de vrai

Afin de donner un maximum de crédibilité à son roman, Magali Meylan ne s’est pas contentée d’imaginer.

Elle s’est rendue à la police cantonale vaudoise, à la Blécherette, afin de comprendre concrètement comment se déroule une enquête. Procédures, interrogatoires, organisation du travail des inspecteurs : ces échanges lui ont permis d’ancrer son récit dans une réalité plus tangible.

Derrière un livre, tout un travail d’édition

Le roman est publié chez 180° éditions, une maison d’édition romande qui accompagne les auteurs dans la production et la diffusion de leurs ouvrages.

Le rôle de l’éditeur est multiple : correction du manuscrit, mise en page, impression du livre et organisation de sa distribution.

Le talent de Magali Meylan n’est d’ailleurs pas passé inaperçu : quatre maisons d’édition se sont montrées intéressées par son manuscrit avant sa publication.

La promotion d’un livre repose ensuite souvent sur un mélange de dédicaces, rencontres littéraires, salons du livre et bouche-à-oreille, autant d’occasions de faire découvrir l’ouvrage aux lecteurs.

Un début prometteur… et déjà la suite

Et les lecteurs semblent au rendez-vous.

Le premier tirage du livre a rapidement trouvé son public, au point que l’éditeur a lancé une nouvelle impression.

Un encouragement pour l’autrice, qui ne compte pas s’arrêter là. Un deuxième ouvrage est déjà en cours d’écriture, preuve que l’inspiration continue de la porter.

Comme quoi, il ne faut pas forcément aller à Stockholm ou à New York pour lire un bon polar… les rives du Léman peuvent elles aussi cacher quelques mystères.