Politique

Conférence de presse du parti socialiste Vaudois

Vincent Rey Vincent Rey 4 min de lecture Lausanne
Conférence de presse du parti socialiste Vaudois

le PS sort la boîte à outils… et déroule le fil rouge

Lausanne, lundi 19 janvier 2026, 10h30.

Sourire , dossiers bien empilés et discours bien affutés : le Parti socialiste vaudois lance officiellement sa campagne pour les élections communales… et pour l’élection complémentaire au Conseil d’État.
Le mot d’ordre ? Le bien commun. Rien que ça. Un fil rouge soigneusement choisi, visiblement pas tiré au hasard, ni à la courte paille.

Un PS bien présent… et bien compté

D’entrée de jeu, Romain Pilloud, président du PSV, annonce la couleur, chiffres à l’appui — parce qu’en politique, ça rassure toujours :

près de 900 candidat·e·s sur les listes communales,

environ 80 candidatures aux exécutifs,

un objectif assumé : renforcer la présence socialiste et récupérer la majorité au conseil d'état en 2027 avec ses allié·e·s.

Bref, le PS ne vient pas faire de la figuration. Il veut du monde sur le terrain, du local, du concret. Un socialisme de proximité, version trottoirs, salles communales et préaux d’école, loin des grandes théories hors-sol.

Les communes, ce laboratoire du quotidien

Message martelé tout au long de la conférence : la commune reste le premier échelon démocratique.
Celui où la politique se voit, se vit… et se critique parfois au coin de la rue, entre deux discussions sur les places de parc ou les horaires du bus.

Mobilité, logement, aménagement, services sociaux : le PS rappelle que c’est souvent au niveau communal que tout commence — ou que tout coince. Et selon lui, ces marges de manœuvre locales sont aujourd’hui sous pression.

Menaces, restrictions et climat un peu tendu

Le ton se durcit lorsqu’il est question des adversaires politiques. Le PS pointe notamment :

les attaques contre l’autonomie communale,

la remise en cause du 30 km/h,

l’affaiblissement du droit de préemption,

la pression sur les finances et les fonctionnaires,

et un recul de la culture du compromis.

Traduction libre : moins de discussions autour de la table, plus de lignes rouges bien tracées. Pas vraiment la recette préférée de la maison socialiste.

Cela dit, soyons honnêtes : à gauche comme à droite, on aime bien se taper dessus.
Avec des mots, des chiffres et des communiqués bien écrits.
C’est de bonne guerre, diront certains. Tant que ça reste politique et pas personnel.

Égalité : des discours… et surtout des chiffres

Autre point fortement mis en avant : la place des femmes en politique.
Dans plusieurs communes vaudoises — Château-d’Œx, Gland, Lausanne, Orbe, Pully, Yverdon… — les listes socialistes comptent autant, voire plus de femmes que d’hommes.

Un symbole fort, à quelques semaines du 8 mars, date du premier tour des communales et de la journée internationale des droits des femmes.
Le PS se positionne ici en parti refuge, face à la montée de certains discours misogynes et aux reculs observés à l’international.

Des voix locales, des thèmes très concrets

Les interventions de candidates et candidats communaux donnent ensuite chair au discours :

Camille Robert (Morges) parle logement abordable, coopératives et lutte contre la spéculation.

Laura Macchia (Payerne) défend budget participatif, espaces publics conviviaux et intégration.

Robert Tye (Échallens) insiste sur jeunesse, familles et service public de proximité.

Du très local, assumé. Ici, pas de grandes envolées abstraites : on parle trottoirs, loyers, piscines scolaires et guichets sociaux. Bref, de choses que tout le monde connaît… parfois un peu trop bien.

Conseil d’État : le dernier étage de la fusée

La conférence se conclut avec Roger Nordmann, candidat socialiste à l’élection complémentaire au Conseil d’État.

Son message est clair : sans présence socialiste au gouvernement cantonal, il devient plus difficile de protéger durablement le service public, le pouvoir d’achat et la cohésion sociale.

Finances publiques, refus des coupes aveugles, opposition à l’initiative des 12 %, besoin de projets mobilisateurs : le PS appelle à un réveil collectif et à une politique orientée solutions plutôt qu’au clash permanent — même si, en politique, le clash fait parfois partie du décor.

En résumé

Le PS vaudois se présente comme :

un parti de résistance face aux reculs sociaux,

un parti de stabilité dans un climat politique tendu,

et un parti du concret, qui mise sur les communes pour reconstruire la confiance.

Comme l’a résumé Romain Pilloud :

« Quand les crises frappent, le PS veut rester un refuge pour le bien commun. »

Reste maintenant à voir si, dans les urnes, ce fil rouge tiendra aussi bien que dans les discours.

Car au final, au-delà des piques entre gauche et droite — de bonne guerre, on l’a dit — c’est toujours le bulletin qui tranche.