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Yverdon–SLO : gros enjeu vaudois, petit écho médiatique

Retour sur le derby du dimanche 20 septembre 2026. Près d’une semaine après cette rencontre entre deux équipes du podium, une question demeure : pourquoi la Challenge League peine-t-elle à trouver une place à la hauteur de ses enjeux dans les médias romands ?

Vincent Rey Vincent Rey • •4 min de lecture • Yverdon
Yverdon–SLO : gros enjeu vaudois, petit écho médiatique

Le dimanche 20 septembre, Yverdon Sport et Stade Lausanne Ouchy se sont quittés sur un 0–0 au Stade municipal. Le tableau d’affichage a donc passé un après-midi tranquille. Pour les joueurs, c’était une autre histoire. Ce rendez-vous de la neuvième journée de Challenge League avait quelques bonnes raisons de retenir l’attention.

Le derby a commencé avec des duels appuyés et des espaces difficiles à trouver. Puis le SLO s’est procuré des occasions, jusqu’à cette frappe de Malko Sartoretti sur le poteau, à la 42e minute. Le montant yverdonnois venait de réaliser une intervention défensive particulièrement convaincante pour quelqu’un qui ne figure pas sur la feuille de salaire.

Après la pause, Yverdon a poussé, mais Laurent Seji a répondu présent. L’expulsion de Théo Bouchlarhem, averti une deuxième fois peu après la reprise, a compliqué la mission lausannoise. À dix pendant plus d’une demi-heure, les Stadistes ont tenu, avec suffisamment de ressources pour encore menacer par Ayo Akinola. Yverdon n’a pas réussi à convertir sa supériorité numérique. Le SLO, lui, a ramené un point qui récompense sa résistance.

Au terme de cette journée, les Lausannois conservaient la première place avec 21 points, six victoires et trois matchs nuls en neuf rencontres. Toujours invaincus, seulement trois buts encaissés. Yverdon occupait la troisième place avec 16 points, soit quatre victoires, quatre nuls et une défaite. Autrement dit, il se passe quelque chose dans le football vaudois. Et cela se passe aussi un étage sous la Super League.

À Yverdon, la suite s’est également jouée en coulisses. Le mardi 22 septembre, le club a annoncé la fin de la mission de Martin Andermatt à la tête de la première équipe. Il reste toutefois au sein d’Yverdon Sport et retrouve sa fonction de directeur technique, avec notamment le développement sportif du club et la progression des jeunes talents parmi ses responsabilités. Le tableau d’affichage était resté immobile le dimanche ; l’organigramme, lui, a bougé deux jours plus tard.

C’est là qu’arrive notre petit tacle éditorial, semelle au sol : quel dommage que cette course en tête ne bénéficie pas d’une couverture romande plus visible ! Un derby entre le leader et un autre membre du podium mérite un compte rendu, une analyse, quelques réactions. Les résultats, les choix des entraîneurs, les ambitions des clubs : la matière existe.

Parce que le football régional mérite aussi qu’on s’intéresse à lui lorsqu’il joue au football. Cette idée paraît audacieuse. Nous assumons.

Comme le souligne un voisin de mon village, personne estimée et éclairée, grand connaisseur du ballon rond et président d’honneur d’un club vaudois, le traitement de ce match par 24 heures, « journal vaudois », est décevant : à ses yeux, il ne rend pas justice à cette affiche. Et quand ce voisin parle football, on peut généralement fermer Wikipédia et ouvrir les oreilles.

Il faut reconnaître que l’attente est légitime : un journal vaudois devrait nous raconter ce qui se joue sur les pelouses vaudoises. On ne réclame pas huit pages spéciales, un hélicoptère au-dessus du Municipal et un poster dépliant d’Augustin. Simplement un vrai compte rendu, à la hauteur de l’enjeu. Parce que la proximité, c’est encore meilleur quand elle descend sur le terrain.

Et du côté de la RTS, on aimerait vraiment voir Sport dimanche accorder une place régulière à la Challenge League : des résumés, des joueurs qu’on découvre, un classement qu’on explique. Le nom de l’émission offre même une piste : ce dimanche 20 septembre, à Yverdon, il y avait du sport. Le dossier semble assez solide.

Évidemment, une émission a une durée limitée et les disciplines sont nombreuses. Mais quelques minutes consacrées à ces clubs permettraient de faire connaître leurs parcours au-delà des habitués des tribunes. L’intérêt du public se construit aussi en lui montrant ce qui se passe près de chez lui. Difficile de s’attacher à des joueurs dont on ne découvre jamais le visage.

À Rey-Public, on aimerait que cette deuxième division trouve davantage sa place dans le récit sportif romand. Avec ses derbys, ses ambitions et ses après-midi où un point se gagne en serrant les dents.

Ce 20 septembre, Yverdon et le SLO n’ont pas trouvé le chemin des filets. Espérons que la Challenge League trouve plus facilement celui des rédactions.

Pour entrer dans la surface médiatique, ce serait dommage de devoir déposer une demande de permis de construire.